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Préparation des délestages électriques dans les collèges et les lycées

mardi 27 décembre 2022, par L’intendant zonard, Philippique

Ébauche d’article qui va être enrichi dans les jours à venir. L’objectif est de disposer d’un mémo pour la préparation matérielle des délestages électriques dans les EPLE

Nous devons nous préparer à des délestages potentiels de quelques heures, envisagés en matinée par les pouvoirs publics.
Sachant que les cours ne devraient pas avoir lieu en cas de délestage et, qu’en revanche, l’accueil à l’internat et le service de cantine/restauration seront maintenus.
Le processus devrait être initié par Eco-watt à J-3. Cela laisse le temps de vider ses chambres froides des denrées les plus sensibles.

Important

Plusieurs questions restent en suspens et cet article est incomplet. L’objectif est de tracer des pistes et de s’enrichir des réflexions des unes, des uns et des autres. Il s’agit d’une situation inédite qui doit être gérée à partir des cadres fournis par l’institution et avec un pilotage par la.le chef.fe d’établissement.

Accès à l’EPLE

De nombreux EPLE ont un accès par badge qui ne sera pas fonctionnel en cas de coupure, il faut donc trouver des solutions de remplacement.

  • Accès lors des grands flux 8h/12h/14h/17h : Contrôle de la carte ou du carnet de correspondance par la vie scolaire.
  • Contrôle d’accès hors temps de grands flux : Prévoir un personnel sur place si l’accueil n’a pas la vue sur les entrées/sorties ou un panneau sur les portails/portillons avec un numéro de téléphone à appeler ou un autre mode opératoire.
  • Serrure électroniques des bâtiments : pour celles qui sont autonomes pas de problème. Pour les autres, cela doit être anticipé.

Organisation des cours

La question va se poser de l’accueil des élèves et du maintien des cours. En cas de maintien, plusieurs aménagements doivent être envisagés.

  • Sonnerie de fin de cours : à l’initiative du professeur.
  • Sonnerie de début de cours : AED + direction + professeurs pour faire rentrer les élèves
  • Prévoir de délocaliser les cours des salles les moins éclairées
  • Appel des élèves : organiser un appel papier
  • Point de vigilance : les photocopieurs, les vidéoprojecteurs ne seront pas opérationnels.

Service de restauration

Un point qui doit être soigneusement anticipé.

  • Si vous pensiez être à l’abri d’une partie des problèmes parce que la cuisine est au gaz, sachez bien qu’en cas de coupure électrique, vous n’aurez plus de ventilation en cuisine. Et sans ventilation, il est assez probable que le gaz se mette en sécurité !
  • Repas de midi : Prévoir un ou deux repas secs (type pique-nique : chips, compote, salade individuelle en boite, coupelle de pâté, fruit, pain, barre de céréales etc) sans préparation et un repas en conserve prêt à réchauffer.
  • Contrôle d’accès à la restauration : vie scolaire et intendance si nos applications de gestion des accès ne sont pas opérationnelles.
  • Chambres froides : à J-3 commencer à vider les CF les plus sensibles.

Internats

Ils ne devraient qu’être faiblement touchés à partir du moment où les coupures se feront dans la matinée.

Sécurité

Le système de sécurité incendie ne sera peut-être pas opérationnel pendant la totalité de la coupure : prévoir des rondes dans les zones les plus exposées et les les plus fréquentées. Si votre SSI le permet, désactivez manuellement les ventouses magnétiques des portes coupe-feu, qu’elles ne tirent pas inutilement sur les batteries.

Attention, le SSI mais aussi l’alarme intrusion utilisent des batteries pour assurer la continuité de leur service en cas de "petite" coupure. Mais si la coupure se prolonge, vous risquez de connaître des moments pénibles :

  • l’alarme intrusion, après un certain temps, peut estimer que c’est un vilain cambrioleur qui lui a coupé l’électricité, et donc se mettre à hurler jusqu’à épuisement de ses batteries. Chez l’IZ, les deux fois où le transfo 20 000 V est mourru, ça a gueulé pendant plus de deux heures sans qu’on parvienne à rien y faire...
  • au bout d’un certain temps, les batteries se vident. Or la technologie des batteries utilisées dans ces systèmes fait que, une fois complètement vidées, elles sont fichues ! Vous risquez donc, au réveil du jus, d’avoir plein de petites pannes "techniques" impossibles à diagnostiquer ou à localiser, parce qu’il y a de ces batteries un peu partout, planquées dans les faux-plafonds etc. Et naturellement ça coûtera un bras de racheter ces batteries, et de payer le technicien agréé qui les changera.

Les blocs d’éclairage de sécurité : organisez-vous à l’avance avec vos agents (et pourquoi pas des agents d’entretien correctement formés, y a pas que l’OP qui sait faire la différence entre une lumière allumée et une lumière éteinte...). Vous pourrez ainsi faire une vérification du bon fonctionnement des BAES après l’heure réglementaire minimale, et aurez gagné au passage une information précieuse. Après quoi vous saurez combien de blocs doivent être remplacés.

Défibrillateurs : ces appareils sont sur piles, ils ne devraient pas poser de problème.

Éclairage

L’éclairage extérieur, on va oublier, mais à l’intérieur il peut y avoir des endroits un peu dangereux, en particulier des escaliers qui n’auraient aucune lumière naturelle. Certes l’on peut compter un peu sur les BAES, mais pas trois heures. Il peut être pertinent de dérouter les utilisateurs qui seraient encore dans les locaux, pour les faire passer par les endroits raisonnablement éclairés.

Ayez des lampes de poche, si possible frontales pour l’accès aux zones sans lumière. Mais a priori, c’est pas le meilleur jour pour prévoir des travaux en sous-sol...

Les serveurs

Première observation : peut-être pourriez-vous trouver une autre stratégie que laisser la clim allumée dans le local serveur, en plein hiver dans un bâtiment chauffé. Jeû sais, ça dépend de la conception et ça a été conçu par des gens qu’il faudrait enfermer, comme un peu tout dans nos bâtiments, mais bon voyez ce que vous pouvez faire quand même. Ah, et une chose très simple encore : un écran allumé dans un local serveur, même s’il se met en veille et ne consomme plus que 2W, il en consomme quand même le double puisqu’il faut ensuite refroidir ces 2W avec la clim. Alors les écrans dans un local serveur, ça s’éteint, sans l’heure par an où l’on est devant !

Ensuite, les serveurs n’aiment pas trop qu’on leur coupe le jus. Alors si la coupure est programmée, la première chose à faire est d’envisager sereinement d’aller les éteindre avant l’heure dite. Et pourquoi pas la veille au soir, d’ailleurs ?

Pour éteindre les serveurs, c’est très simple : vous pouvez carrément appuyer sur le bouton marche-arrêt en façade : ça donne l’ordre d’extinction et c’est suffisant. Sinon allumez l’écran le temps de vérifier que ça marche, et faites un bon vieux Alt+Ctrl+Suppr. Enfin, à l’extrême limite si vous êtes face à serveur Linux qui ne répond pas aux deux actions précédentes, tentez de taper la commande : shutdown -h now.

Si la démarche de vérification vous intéresse, vous pouvez compter sur les onduleurs. Comme décrit dans ce vieil article, normalement et si tout va bien, l’onduleur communique avec le serveur qu’il alimente, et lui dit de s’éteindre calmement, en tout cas après X minutes de coupure électrique. Un quart d’heure après l’arrêt d’alimentation, tout devrait être éteint dans le local des serveurs, mais les batteries des onduleurs devraient ne pas encore être vides.

Communication et téléphonie

Chacun comprendra que l’Internet, les zordinateurs et le ouiphi, mieux vaut oublier. Un peu de déconnexion une fois par siècle, ça mettra pas mal d’élèves en PLS mais tant pis.

Pour le téléphone, il y a moyen de sauver quelque chose. En effet, les installations téléphoniques (le PABX) peuvent être alimentées par onduleur, et si c’est correctement dimensionné et en bon état, ça peut durer une demi-journée. Si c’est de la technologie IP, ça consomme un peu plus et surtout il faut que chaque onduleur dans chaque armoire intermédiaire soit alimenté aussi par onduleur, c’est pas évident mais ça peut marcher. Si vous avez un réseau de sans-fil DECT, les bornes sont la plupart du temps alimentées par le réseau téléphonique et donc tirent sur l’onduleur central ou ceux des armoires intermédiaires, c’est peut-être le plus fiable, là encore, à condition que vous ayez quelque chose de costaud. Et schématiquement plus c’est récent, moins ça consomme.

En tout cas la téléphonie mobile ne tiendra pas très longtemps en cas de coupure totale sur un secteur, les opérateurs mettent des batteries dans leurs antennes-relais, mais au-delà d’une heure, on ne peut pas trop compter dessus.

Autre

  • Eau chaude : tous les locaux desservis par de l’ECS en ballon vont être touchés, mais seulement avec un effet de retard. D’ailleurs, pour participer à la chasse aux watts, modérer la température des ballons d’eau chaude électrique est le moyen le plus simple et le plus efficace immédiatement à notre portée !
  • Chauffage : les chaudières risquent de se mettre en arrêt de sécurité, les pompes ne tourneront plus
  • Les personnels qui travaillent sur PC doivent prévoir une activité de substitution
  • Activités des OP : peut-être serait-il possible de programmer pour ce jour-là une activité compatible, dans un endroit raisonnablement éclairé, et avec des perceuses ou autres outils électroportatifs soigneusement rechargés à l’avance.
  • Si vos bâtiments sont de grande hauteur et/ou mal foutus, vous avez peut-être besoin de surpresseurs pour garantir la pression d’eau dans les étages. Et si vous avez des robinets d’incendie armés qui ont besoin du surpresseur, alors vous ne serez plus en possibilité d’éteindre un feu comme prévu, pas glop.

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