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Quand c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit... et on peut éviter ça !

lundi 24 août 2026, par L’intendant zonard

Boarf, ça fait à peine 22 ans que je vous serine d’utiliser des logiciels libres et en particulier LibreOffice. Une petite piqûre de rappel ? Pour l’instant ce sont des associations qui sont plantées, mais je m’attends à voir des EPLE très vite dans la liste.

Ce qu’il ne faut pas faire : se mettre dans la main des GAFAM

À lire : un article du journal en ligne next.ink sur la perte brutale de données d’associations à qui Microsoft faisait un "cadeau".

Ce n’était pas gratuit, parce que Microsoft décomptait cette précieuse aide accordée à des associations à but non lucratif, au prix fort, dans ses bilans comptables, pour faciliter son évasion fiscale généralisée.

Mais surtout ce n’était pas gratuit parce que, pour ceux qui faisaient confiance à ce prestataire, tout s’est arrêté du jour au lendemain, après une alerte peu compréhensible. Toutes les données sont perdues. Même pour ceux qui ont décidé de payer !

Alors j’en suis au stade de la répétition de slogans :

  • Si c’est gratuit, c’est que c’est toi le produit
  • Il n’y a pas de "d’informatique en nuage", seulement l’ordinateur de quelqu’un d’autre
  • La première dose t’est toujours gracieusement offerte par le dealer
  • La souveraineté numérique c’est de se mettre à l’abri de l’humeur de l’agent orange

Depuis le début de ce siècle, les paiements à la seule entreprise Microsoft par les différents pays européens représentent un an de PIB de l’union. En fait c’est peu ou prou le montant de la dette publique dont on nous rebat les oreilles. À comparer avec la gendarmerie nationale, où les économies du passage à Linux depuis vingt ans sont estimées à 400 M€ ! Oui, on se paye un SIRHEN pour ce prix-là...

Alors que les solutions existent

Yves Caniou (maître de conférences à Lyon 1 et membre d’une équipe de l’INRIA) a intitulé l’une de ses conférences "Logiciels et services libres pour reprendre le contrôle. En quoi ces logiciels et ces services libres participent-ils à l’émancipation numérique des citoyens et des citoyennes ?"

De quoi s’agit-il quand on parle de GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft et autres zéro sociaux prédateurs), de contrôle, d’émancipation numérique et de logiciels et services libres ?

Pourquoi s’inquiéter des GAFAM ?

Ils ont été plusieurs fois condamnés pour abus de position dominante, captation de données personnelles sans autorisation des personnes concernées (non respect du RGPD : Règlement Général de Protection des Données personnelles).

Ils exercent un monopole de fait, par exemple il est difficile de trouver du matériel équipé avec d’autres systèmes que ceux de Microsoft et d’Apple.

Ils organisent l’obsolescence matérielle et logicielle. Les déchets électroniques ainsi générés ont des conséquences désastreuses sur l’environnement, la consommation énergétique, l’épuisement des ressources en métaux rares. La sobriété numérique n’est pas leur souci.

Des états réagissent

Après le RGPD, l’Union Européenne vient de se doter de deux règlements, le DMA (Digital Market Act) pour lutter contre les abus de position dominante et le DSA (Digital Service Act) qui rend les plateformes responsables des contenus qu’elles publient.

En France, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) inflige à Google une amende de 50 millions d’euros pour non respect du RGPD. L’Allemagne interdit l’utilisation de Windows10 et office 365 dans les écoles. L’UE valide une amende de 2,4 milliards d’euros à Google pour abus de position dominante.

Des associations, des organismes se mobilisent

Dans toute le France des associations locales (AviGNU sur Avignon par exemple) se créent pour informer sur les logiciels libres, promouvoir leur utilisation et organiser des installe-parties permettant de reconditionner du matériel plus ou moins ancien, fonctionnant mal ou plus du tout sous Windows.

Aux niveaux national, international, d’autres associations (Framasoft, APRIL, ADULLACT, The document Foundation…) développent des services et logiciels libres, informent, forment et promeuvent l’utilisation des logiciels libres. Elles militent pour que leur utilisation soit mentionnée dans les lois.

Mais c’est quoi un logiciel libre, un service libre ?

C’est simplement un logiciel qui respecte les quatre libertés suivantes :

0 ‒ La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages ;
1 ‒ La liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins ;
2 ‒ La liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies) ;
3 ‒ La liberté d’améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté

Un service (en ligne) libre est un service qui utilise exclusivement des logiciels libres.

Les logiciels et services libres sont des communs numériques. Un commun est une ressource produite et/ou entretenue collectivement par une communauté d’acteurs hétérogènes et gouvernée par des règles qui lui assurent son caractère collectif et partagé. Il est dit numérique lorsque la ressource est dématérialisée. Ils sont développés et/ou utilisés, en commun, par des communautés non exclusives et non rivales.

Quels sont les avantages de l’utilisation des logiciels libres, outre les 4 libertés sus-citées ?
Entres autres :

  • Éthique : portée par les 4 libertés, le modèle économique non marchand
  • Qualité : assurée par le grand nombre de développeurs, l’absence de contraintes commerciales, l’émulation
  • Sécurité : due fait de la connaissance du code source et d’un grand nombre de développeurs
  • Faible coût d’acquisition : la plupart des logiciel libres sont gratuits, mais libre n’équivaut pas à gratuit
  • Équité : tous les élèves peuvent disposer des mêmes dernières versions des outils pour effectuer les travaux demandés.
  • Sobriété numérique : ils favorisent l’économie circulaire, la lutte contre l’obsolescence logicielle et matérielle.
  • Pérennité
    • des données : les LL utilisent des formats ouverts respectant les standards internationaux
    • et des applications : exemple d’OpenOffice.org devenu LibreOffice, vingt-cinq ans d’évolution constante, deux changements de mains, et tout reste parfaitement intéropérable depuis le début !
  • Interopérabilité "pertinente" : c’est la compatibilité des formats de fichier entre applications de même type

Les logiciels libres dans le service public

Depuis la circulaire Ayrault (en septembre 2012) puis le rapport 2018 de la Cour des Comptes, la circulaire Castex (avril 2021), le rapport d’information 4299 à l’Assemblée Nationale (juin 2021), la "Stratégie du numérique pour l’éducation 2023-2027" (janvier 2023), l’État n’a cessé d’inciter à utiliser les logiciels libres.

Il a créé et mis à disposition une série d’outils et services pour promouvoir les logiciels libres et les communs numériques :

Combien de temps encore désobéirez-vous à ces consignes !? Faudra-t-il attendre que la Cour des Comptes condamne des gestionnaires publics payant pour des logiciels non souverains quand on peut avoir pour pas cher ou rien, avec un peu d’emploi local, des produits pérennes et fiables ?

Les associations ne sont pas en reste pour fournir pléthore d’outils et services numériques libres

Framasoft a lancé une campagne "Degooglisons internet" et promeut "Les communautés du logiciel libre qui offrent des alternatives éthiques aux plateformes centralisées par les géants du web  : il est possible de trouver des services de confiance qui respectent notre vie privée  !" Déconstruire et modifier ses habitudes numériques, c’est faire des efforts au quotidien. Elle propose quelques liens pour vous accompagner dans votre émancipation  :

L’April est animée par une conviction : "logiciel libre, société libre". Elle propose une bibliothèque de services et applications libres : https://www.chapril.org/

Un smartphone degooglisé c’est possible

La /e/fondation développe /e/OS, un système d’exploitation pour smartphone, basé sur Android / LineageOS, complet et entièrement "dégooglisé" à code source ouvert associé à des applications sélectionnées pour protéger la vie privée. Le site https://doc.e.foundation/devices fournit logiciels et guide pour installer ce système sur un smartphone reconditionné. La société française Murena commercialise des smartphones neuf ou reconditionnés, qui fonctionnent sous /e/os.

Le lapin rouge a tout simplement choisi un téléphone d’occasion (pas cher) et a, tout seul comme un grand, supprimé Android pour mettre LineageOS dessus à la place, directement. Et ça marche parfaitement !


Voir en ligne : Microsoft 365 : de nombreuses données perdues après l’arrêt d’une offre gratuite

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